Parfois, il suffit de lever les yeux pour apercevoir un morceau de Pologne au cœur de Paris, de Lille ou de Bruxelles. Une plaque commémorative, une tombe fleurie, un nom de rue ou une vieille cité minière où les habitants prononcent encore un « bonjour » avec un léger accent venu de Silésie. Les liens unissant la Pologne, la France et la Belgique ne sont pas nés avec l’Union européenne. Ils se nouent depuis plus de quatre siècles, au fil des guerres, des mariages royaux, des révolutions, des départs douloureux et des rencontres inattendues.
Bien avant les salons parisiens de Chopin, les laboratoires de Marie Curie ou les chars du général Maczek, c’est à Gdańsk que s’écrit l’un des premiers chapitres de cette histoire. Le 23 avril 1610, le roi Henri IV signe l’acte de création du premier consulat de France sur les terres de la République des Deux Nations. Depuis ce grand port ouvert sur la Baltique, marchands, diplomates, savants, artistes et soldats vont, pendant des siècles, tisser des liens entre la Pologne, la France et, plus tard, la Belgique.
Un roi qui s’enfuit… en pleine nuit
Commençons par une histoire qui ferait sourire un scénariste.
En 1573, les nobles polonais élisent pour la première fois un roi. Leur choix se porte sur un jeune prince français : Henri de Valois. À Cracovie, tout est prêt. Le souverain prête serment, découvre les coutumes de la République des Deux Nations et s’installe au château du Wawel.
Mais quelques mois plus tard, une nouvelle bouleverse son destin : son frère, le roi Charles IX, vient de mourir. Le trône de France est vacant. Henri n’attend pas longtemps. Par une nuit de juin 1574, il quitte discrètement Cracovie, presque en secret. Quelques fidèles l’accompagnent. Les gardes comprennent trop tard que le roi… a disparu. Direction Vienne, puis Venise, avant de rejoindre la France où il devient Henri III.
Les Polonais garderont longtemps le souvenir de ce souverain parti sans véritable adieu. Cette anecdote résume à merveille les relations entre les deux pays : elles commencent souvent par des histoires aussi romanesques qu’improbables.
Quand les reines parlaient français
Henri de Valois n’est pourtant pas le Français qui a laissé la plus profonde empreinte en Pologne. Quelques décennies plus tard arrivent des femmes qui vont transformer la vie de la cour polonaise.
Louise-Marie de Gonzague, épouse de Ladislas IV puis de Jean II Casimir, introduit à Varsovie une élégance toute parisienne. Les modes changent, les cuisines aussi. Les palais se remplissent d’architectes, de jardiniers, de musiciens et de cuisiniers venus de France.
Puis vient Marie-Casimire d’Arquien, la célèbre Marysieńka, épouse du roi Jean III Sobieski (contemporain de Louis XIV qui voyait dans ce mariage un moyen d’asseoir son influence politique en Pologne).
Marie-Casimire et Jan s’écrivent des centaines de lettres passionnées, parfois plusieurs dans la même journée. Certaines commencent par des mots étonnamment tendres pour le XVIIᵉ siècle. Sobieski, pourtant immense chef militaire, vainqueur des Ottomans devant Vienne, se montre dans cette correspondance incroyablement sensible. Leur histoire d’amour est devenue légendaire.
Les historiens aiment rappeler que derrière le héros se cachait un mari follement amoureux.
En parcourant aujourd’hui les appartements royaux du palais de Wilanów, il est difficile d’imaginer combien cette reine française a contribué à donner à la résidence son caractère si raffiné.
Marie-Casimire s’est si profondément enracinée dans la culture et les mœurs polonaises qu’aujourd’hui, rares sont ceux qui se souviennent de ses origines françaises, la percevant comme une Polonaise de souche.
Un ingénieur français qui donna son nom… à toute une ville
L’influence française ne s’arrête pas aux palais. Au XIXᵉ siècle, la révolution industrielle transforme la Pologne. Les investisseurs, les ingénieurs et les entrepreneurs affluent de toute l’Europe. L’un d’eux ne construira pas seulement une usine. Il donnera son nom à une ville entière.
Son nom est Philippe de Girard. Inventeur français de génie, il met au point une machine révolutionnaire destinée au filage du lin. Son invention attire l’attention des industriels installés dans le Royaume de Pologne.
Une grande manufacture est créée. Autour d’elle naît une ville ouvrière moderne. Pour remercier l’ingénieur, on lui donne un nom qui résonne encore aujourd’hui : Żyrardów, adaptation polonaise de « Girard ». Peu de Français savent qu’à moins de cinquante kilomètres de Varsovie existe une ville dont le nom rend hommage à l’un de leurs compatriotes. C’est un joli clin d’œil de l’Histoire.
Paris du XIXᵉ siècle: capitale intelectuelle d’une Pologne sans territoire
Puis vient l’année 1831. L’insurrection de Novembre échoue face à l’Empire russe.
Pour des milliers de patriotes, une seule solution reste possible : partir. La France devient pour plusieurs le refuge. Paris change alors de visage. Dans certains quartiers, on entend presque autant parler polonais que français.
Les cafés deviennent des lieux de débats politiques. Les salons accueillent des écrivains, des peintres, des diplomates et d’anciens officiers. Les exilés ne savent pas quand ils reverront leur pays. Beaucoup ne le reverront jamais.
Symbole éternel de l’attachement indéfectible à la Pologne
L’un des plus célèbres est évidemment Frédéric Chopin. Né d’une mère polonaise et d’un père français, Nicolas. Il arrive jeune à Paris. Très vite, il conquiert les salons aristocratiques.
Il est fascinant de voir à quel point les destins du père et du fils se sont croisés de manière inversée, une ironie de l’histoire aujourd’hui largement méconnue. Alors que son père Nicolas Chopin, né en France, s’est expatrié à l’âge de 16 ans seulement pour devenir un Polonais de cœur, son fils Frédéric a fait le chemin inverse en quittant définitivement sa Pologne natale pour s’établir à Paris à 20 ans.
Mais derrière le succès, la nostalgie demeure. Son cœur n’a jamais cessé de battre pour sa patrie. Ses mazurkas et ses polonaises racontent souvent davantage la Pologne qu’elles ne célèbrent Paris. Lorsque le compositeur meurt en 1849, un dernier souhait est respecté. Son corps reste au cimetière du Père-Lachaise. Son cœur, lui, retourne à Varsovie. Il repose encore aujourd’hui dans un pilier de l’église Sainte-Croix. Cette histoire touche toujours les visiteurs. Comme si Chopin avait refusé de choisir entre ses deux patries.
Du train de troisième classe aux deux prix Nobel
Imaginez une jeune fille de Varsovie, discrète et modeste, qui monte en novembre 1891 dans un train de troisième classe, armée d’une seule valise et de rêves immenses. C’est Maria Skłodowska, une Polonaise pure souche, qui s’apprête à bouleverser l’histoire de la science mondiale à Paris.
Bien que la France soit devenue sa seconde patrie, son cœur n’a jamais quitté ses origines : c’est d’ailleurs en hommage à son pays natal qu’elle baptisa son tout premier élément découvert, le polonium.
C’est aussi à Paris, au milieu des éprouvettes de laboratoire, qu’elle croisa l’amour de sa vie, Pierre Curie. Leur mariage fut d’une simplicité touchante, sans fastes ni cérémonies, et ils partirent pour leur lune de miel… sur de simples bicyclettes !
Cette femme extraordinaire, Marie Curie, portée par un travail titanesque et un esprit génial, reste à ce jour la seule au monde à avoir décroché deux prix Nobel dans deux disciplines scientifiques différentes: chimie et phisiques. Si les Français l’ont adoptée avec une immense fierté, c’est bien la ténacité héritée de sa terre natale qui lui a permis d’illuminer les secrets de la science.
L’hôtel où l’on rêvait de refaire la carte de l’Europe
À quelques rues des quais de Seine, un hôtel particulier devient le véritable gouvernement officieux de la Pologne. L’Hôtel Lambert. Sous l’impulsion du prince Adam Jerzy Czartoryski, les plus grandes figures de l’émigration s’y retrouvent. On y parle diplomatie. On y prépare des projets d’insurrection. On y reçoit des ambassadeurs. On y imagine l’Europe de demain. Victor Hugo, George Sand, Delacroix, Lamartine… beaucoup de grandes figures françaises croisent un jour les patriotes polonais.
Paris devient alors bien plus qu’une terre d’accueil. Il devient, pendant plusieurs décennies, la capitale intellectuelle d’une nation qui n’existe plus sur les cartes mais continue d’exister dans les esprits.
Et lorsque Adam Mickiewicz, poète romantique, monte en chaire au Collège de France pour enseigner les littératures slaves, les amphithéâtres se remplissent. Ses conférences dépassent largement la littérature : elles parlent de liberté, de nations et d’avenir européen.
C’est en effet à Paris, en juin 1834, qu’a été publiée pour la première fois son œuvre maîtresse, Pan Tadeusz (Messire Thadée). Adam Mickiewicz a écrit cette épopée nationale en exil, faisant ainsi de la France le berceau du plus grand chef-d’œuvre de la littérature polonaise.
Une armée polonaise… née en France
L’histoire réserve parfois des surprises.
En 1917, alors que la Première Guerre mondiale fait toujours rage, c’est le président français Raymond Poincaré qui signe le décret autorisant la création d’une Armée polonaise en France. Ce geste politique est considérable : la Pologne n’existe toujours pas comme État indépendant, mais une armée portant ses couleurs est désormais reconnue par les Alliés.
Les premiers volontaires arrivent de partout. Des mineurs installés dans le Nord de la France. Des émigrés venus des États-Unis, du Canada ou du Brésil. Des prisonniers de guerre d’origine polonaise libérés des camps italiens.
Ils portent un uniforme bleu horizon fourni par l’armée française. Très vite, on les surnomme l’Armée bleue.
Lorsque le général Józef Haller en prend le commandement en 1918, cette armée devient pour les polonais un symbole de l’espoir retrouvé. Les soldats s’entraînent sur le sol français, certaines unités combattent en Champagne durant les derniers mois de la Grande Guerre, avant qu’environ 70 000 hommes ne rejoignent la Pologne au printemps 1919 pour défendre l’indépendance toute fraîchement retrouvée.
Pour beaucoup de Français, ces volontaires étaient des alliés. Pour les Polonais, ils représentaient déjà l’armée d’un pays qui renaissait.
Les corons où l’on chantait en polonais
Si vous traversez aujourd’hui les anciennes cités minières du Nord-Pas-de-Calais, vous remarquerez peut-être une église dédiée à saint Stanislas, une boulangerie portant un nom polonais ou un cimetière où les patronymes Kowalski, Nowak, Wiśniewski ou Zieliński voisinent avec les Dupont et les Lefebvre.
Ce n’est pas un hasard.
Après la Première Guerre mondiale, la France manque de tout. Les mines de charbon tournent au ralenti, non pas faute de charbon, mais faute d’hommes. Les combats ont ravagé le bassin minier, et des milliers de mineurs français ne reviendront jamais du front.
Pendant ce temps, la jeune République de Pologne fait face à un autre drame : le chômage. Le pays renaît après plus d’un siècle de partitions, mais son économie peine à suivre. Dans certaines régions, notamment en Silésie et dans les anciens territoires russes, les familles vivent difficilement.
Les deux pays ont chacun un problème. Ils vont trouver une solution commune.
En 1919, la France et la Pologne signent une convention d’émigration. Les compagnies minières recrutent directement en Pologne. Des bureaux ouvrent à Varsovie, Poznań, Katowice ou Cracovie. Les candidats passent une visite médicale, reçoivent un contrat de travail, puis embarquent dans des trains qui traversent l’Allemagne avant d’arriver dans le nord de la France.
Pour beaucoup, c’est le premier grand voyage de leur vie. Ils emportent quelques valises, des couvertures, parfois une icône religieuse ou une photographie de famille. On ne sait pas encore si le départ durera quelques années… ou toute une vie.
« Ici, c’est un peu la Pologne »
À leur arrivée, les familles découvrent les corons, ces longues rangées de maisons en briques construites par les compagnies minières.
Le confort reste sommaire, mais, comparé aux logements insalubres de nombreuses régions minières d’Europe, ces petites maisons offrent un luxe inattendu : un jardin, un potager, parfois même un poulailler.
Très vite, les nouveaux arrivants recréent un morceau de leur pays. Une paroisse ouvre ses portes. Puis une chorale. Une fanfare. Une bibliothèque. Un club de football. Une société de gymnastique.
Le dimanche, les rues se remplissent de familles vêtues de leurs plus beaux habits. La messe est célébrée en polonais. Après l’office, on échange des nouvelles du pays autour d’un café ou d’un verre de bière.
Les enfants, eux, deviennent rapidement bilingues. À l’école, ils parlent français. À la maison, leurs parents exigent souvent qu’ils répondent en polonais.
Il arrive pourtant qu’au bout de quelques années les rôles s’inversent. Les plus jeunes corrigent l’accent de leurs parents lorsqu’ils doivent remplir un document administratif ou discuter avec un médecin.
Combien de familles ont connu cette scène ? Sans doute des milliers.
Une odeur de pain et… un air d’accordéon
Les anciens racontaient souvent qu’il suffisait de fermer les yeux pour se croire en Silésie. Dans certaines rues de Lens, de Liévin ou de Bruay, les vitrines affichaient des noms polonais. On trouvait une boucherie où l’on préparait la kiełbasa. Une épicerie vendait des cornichons au sel, du pavot ou du fromage blanc.
Le samedi soir, les salles des fêtes accueillaient des bals où alternaient la valse française et la polka. Et lorsqu’un mariage était célébré, il arrivait que les invités dansent jusqu’à l’aube.
Ces quartiers n’étaient pas des ghettos.
Ils formaient plutôt des passerelles entre deux cultures. Les Français découvraient les traditions polonaises. Les Polonais apprenaient les habitudes françaises.
Peu à peu, chacun empruntait quelque chose à l’autre.
Une vie qui commençait avant le lever du soleil
La vie du mineur, elle, ne ressemblait guère aux fêtes du dimanche. Le réveil sonnait bien avant l’aube. Après un café noir et un morceau de pain, les hommes rejoignaient le carreau de la mine. La cage les emportait à plusieurs centaines de mètres sous terre. En quelques secondes, la lumière du jour disparaissait. Là-dessous, il faisait chaud, humide, bruyant. La poussière de charbon s’infiltrait partout.
La description réaliste d’Émile Zola dans Germinal, qui dépeint un quotidien dantesque — le rythme du réveil avant l’aube et l’enfer de la descente dans la mine du Voreux —, fait écho à la réalité quotidienne tant des Français que des Polonais travaillant dans les conditions extrêmement précaires.
Dans les galeries les plus basses, certains devaient travailler courbés pendant des heures.
Les accidents n’étaient pas rares. Un éboulement. Un coup de grisou. Une machine défectueuse. Chaque mineur connaissait quelqu’un qui n’était jamais remonté. Pourtant, malgré la dureté du métier, beaucoup écriront plus tard que la solidarité comptait autant que le charbon.
Sous terre, les différences de langue ou de nationalité s’effaçaient. On dépendait d’abord de son voisin.
Le petit Édouard qui descendit à la mine
Parmi les milliers d’enfants polonais arrivés en France figure un garçon de dix ans. Il s’appelle Edward Gierek. Sa famille s’installe dans le département du Nord. À treize ans seulement, il descend déjà au fond de la mine.
On imagine aujourd’hui difficilement un enfant portant un casque trop grand pour lui, une lampe fixée sur le front et suivant les adultes dans les galeries. Pour lui, pourtant, c’est le quotidien.
Les années passent. Il apprend parfaitement le français. Il découvre les syndicats. Puis les grandes grèves des années trente. Son engagement politique lui vaut finalement d’être expulsé de France en 1934.
Quelques années plus tard, il repart travailler… cette fois en Belgique.
Bien avant de devenir Premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais (parti communiste) dans les années 1970, Gierek aura donc vécu près d’un quart de siècle comme immigré, ouvrier et mineur. Lorsqu’il recevra plus tard le président français Valéry Giscard d’Estaing, leurs conversations pourront se dérouler directement en français. Ce détail surprenait souvent les journalistes étrangers. Mais ceux qui connaissaient son parcours n’y voyaient rien d’étonnant.
En Belgique, une autre « petite Pologne »
De l’autre côté de la frontière, la Belgique connaît la même pénurie de main-d’œuvre.
Les charbonnages du Limbourg recrutent eux aussi des milliers de travailleurs polonais. Genk, Beringen, Eisden, Waterschei ou Zwartberg deviennent de nouveaux points d’ancrage. Les paysages changent. Les habitudes aussi. Mais les valises restent les mêmes. À nouveau, les familles fondent des paroisses. À nouveau, elles créent des écoles du samedi où les enfants apprennent à lire et à écrire en polonais. À nouveau, les fanfares et les associations sportives deviennent le cœur de la communauté.
Certains Belges plaisantent alors en disant qu’il suffit d’entrer dans certains quartiers pour avoir l’impression de franchir la frontière polonaise. La formule est exagérée. Elle traduit pourtant une réalité : la présence polonaise marque profondément plusieurs régions minières du pays.
Et cette histoire ne s’arrêtera pas avec la paix.
Bientôt, une nouvelle guerre va transformer ces mineurs en résistants, ces ouvriers en soldats, et les routes de France comme de Belgique vont croiser une nouvelle fois le destin des Polonais.
Septembre 1939 : quand le gouvernement de la Pologne s’installe… en France
Le 1er septembre 1939, les sirènes retentissent en Pologne: les Allemands attaquent. Deux semaines plus tard, un second coup tombe. L’Armée rouge envahit le pays par l’est.
Pour beaucoup d’observateurs étrangers, tout semble perdu. Pourtant, l’État polonais ne disparaît pas. Il se déplace.
Après l’internement du président Ignacy Mościcki en Roumanie, la continuité constitutionnelle est assurée. Władysław Raczkiewicz est désigné par celui-ci président de la République et charge le général Władysław Sikorski de former un nouveau gouvernement.
C’est en France que celui-ci trouve refuge. D’abord à Paris. Puis, très vite, à Angers, une ville paisible des bords de la Loire qui devient, pendant quelques mois, l’un des centres politiques les plus inattendus d’Europe.
Imaginez la scène. Dans cette cité connue pour son château médiéval et ses vignobles, des ministres polonais tiennent conseil, des diplomates reçoivent leurs homologues alliés, des officiers préparent la reconstitution d’une armée.
La Pologne est occupée. Mais elle continue d’exister. Simplement… à plus de mille kilomètres de Varsovie.
Les habitants d’Angers voient soudain arriver des voitures officielles arborant l’aigle blanc, croisent dans les rues des militaires parlant polonais et découvrent que leur ville accueille, pour quelques mois, le gouvernement d’un pays tout entier.
L’épisode est bref. Il n’en reste pas moins extraordinaire. Rarement une ville française aura joué un rôle aussi singulier dans l’histoire d’une nation étrangère.
Une armée renaît sur le sol français
Pendant que le gouvernement s’organise, des milliers de soldats polonais affluent. Certains ont réussi à franchir la frontière hongroise ou roumaine. D’autres viennent des communautés polonaises installées depuis longtemps en France. D’autres encore traversent les océans.
Les casernes françaises retrouvent un accent polonais qu’elles avaient déjà connu vingt ans plus tôt avec l’Armée bleue du général Haller.
Dans les camps de Coëtquidan, de Parthenay ou de Camp de Satory, on rééquipe les unités. Les uniformes sont parfois disparates. Les armes manquent. Le temps presse. Le général Sikorski sait que la guerre ne laissera aucun répit.
Lorsque l’offensive allemande commence en France en mai 1940, près de quatre-vingt mille soldats polonais combattent déjà aux côtés de l’armée française. Ils se battent en Lorraine, en Champagne, en Bretagne.
La 1re Division de Grenadiers, commandée par le général Bronisław Duch, résiste avec acharnement dans la région de Lagarde. Les pertes sont lourdes. Puis vient la débâcle. La France capitule. Une nouvelle fois, les autorités polonaises doivent partir. Cette fois, leur destination est Londres. Mais la France restera, jusqu’au bout, la première terre d’accueil de la Pologne libre.
Des mineurs devenus résistants
L’occupation allemande bouleverse également la vie des communautés polonaises du Nord. Les mines sont essentielles pour l’effort de guerre du Reich. Les Allemands veulent du charbon. Toujours plus de charbon. Ils ignorent pourtant qu’au fond des galeries, beaucoup de mineurs polonais préparent une tout autre récolte. Des renseignements. Des faux papiers. Des explosifs. Des armes. Dans plusieurs bassins miniers, des réseaux polonais rejoignent rapidement la Résistance française.
Les historiens estiment que les immigrés polonais constituent l’un des groupes étrangers les plus actifs au sein des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’Œuvre Immigrée, les célèbres FTP-MOI.
Leur connaissance du travail souterrain leur permet parfois de cacher du matériel ou de saboter discrètement les installations minières. D’autres transportent des messages. Ou organisent des filières d’évasion. Le danger est permanent. L’arrestation signifie souvent la déportation.Ou le peloton d’exécution.
Aujourd’hui encore, dans plusieurs communes du Pas-de-Calais, des plaques rappellent les noms de résistants aux consonances polonaises. Leurs descendants vivent parfois toujours dans la région.
Le général qui refusait de perdre ses hommes
Parmi les officiers polonais, un nom inspire une admiration particulière.
Stanisław Maczek.
Avant même la Seconde Guerre mondiale, il s’est forgé une réputation d’excellent chef militaire. Mais ce que ses soldats racontent le plus volontiers n’a rien à voir avec une victoire.
Ils évoquent son obsession. Sauver des vies. Maczek répétait souvent qu’un char pouvait être remplacé. Pas un équipage. À une époque où certains généraux acceptaient des pertes considérables pour gagner quelques kilomètres, cette philosophie étonnait. Elle lui valut un immense respect. Ses hommes savaient qu’il ne les enverrait jamais au sacrifice pour satisfaire son orgueil.
« Les Polonais arrivent ! »
L’été 1944. Quelques semaines après le Débarquement, la 1re Division blindée polonaise dirigée par Maczek débarque à son tour en Normandie. Ses véhicules portent l’aigle blanc. Sur les manches des uniformes, un simple mot attire les regards :
POLAND.
Les habitants découvrent avec surprise ces soldats venus d’un pays situé à plus de mille cinq cents kilomètres de chez eux. Beaucoup ignorent même où se trouve exactement la Pologne. Cela n’empêche pas les liens de se nouer très vite.
Les enfants courent derrière les blindés. Des femmes offrent du lait, du pain, des pommes. Les soldats répondent avec du chocolat, des conserves ou quelques cigarettes américaines.
La guerre laisse peu de place aux longues conversations. Un sourire suffit souvent.
La colline où le destin de la bataille bascula
À la mi-août 1944, les combats atteignent une violence extrême autour du Mont-Ormel, plus connu sous le nom de Côte 262. Les Polonais occupent cette hauteur stratégique. Autour d’eux, des divisions allemandes cherchent désespérément à s’échapper de la poche de Falaise. Pendant deux jours, les hommes de Maczek combattent presque encerclés.
Les munitions diminuent. L’eau manque. Les blessés s’accumulent. Pourtant, personne ne recule.
Lorsque les renforts canadiens finissent par atteindre la position, le champ de bataille offre un spectacle saisissant.
Des centaines de véhicules allemands détruits. Des colonnes entières anéanties. Un officier allié dira plus tard que cette colline ressemblait à « une casse automobile longue de plusieurs kilomètres ».
Les historiens considèrent aujourd’hui que la résistance des Polonais au Mont-Ormel a joué un rôle décisif dans la fermeture de la poche de Falaise et dans l’effondrement des forces allemandes en Normandie.
Une reconnaissance qui dure depuis quatre-vingts ans
Après la Normandie 1944, la division poursuit sa route. Abbeville. Saint-Omer. Ypres. Gand. Puis les Pays-Bas. Partout, l’accueil est chaleureux. Dans plusieurs villages français, les habitants racontent encore que les premiers soldats alliés qu’ils ont vus étaient des Polonais.
Pas des Américains.
Pas des Britanniques.
Des Polonais.
Aujourd’hui encore, lorsqu’on assiste aux cérémonies organisées en Normandie au mois d’août, il n’est pas rare de voir des familles françaises déposer des fleurs devant les monuments consacrés à la 1re Division blindée.
Certaines le font depuis trois générations. Les enfants viennent avec leurs grands-parents. Les grands-parents racontent ce que leurs propres parents leur ont transmis. La mémoire voyage parfois mieux que les livres d’histoire.
Et lorsqu’un ancien combattant polonais revenait dans ces villages après la guerre, il n’était pas accueilli comme un simple vétéran. Il revenait chez des amis.
Là où les cloches sonnaient pour les libérateurs
Lorsque les soldats de la 1ʳᵉ Division blindée quittent la Normandie à la fin de l’été 1944, ils ignorent encore que certaines villes d’Europe ne les oublieront jamais.
Leur route les conduit vers le nord. Les chars avancent à travers les plaines de Picardie, franchissent la frontière belge et poursuivent leur progression de village en village. Partout, la même scène. Les habitants sortent des caves.Les drapeaux réapparaissent aux fenêtres. Les cloches des églises, réduites au silence pendant des années, se remettent à sonner.
Pour les soldats polonais, ce n’est pourtant pas une victoire comme les autres.
Ils savent qu’en libérant la Belgique et les Pays-Bas, ils font un pas de plus vers la Pologne. Pourtant, chaque victoire les rapproche d’un avenir de plus en plus incertain. La Pologne les attend, mais ils ne savent pas encore quelle Pologne ils retrouveront.
En Belgique, les Polonais deviennent des héros
La Belgique garde une place particulière dans cette histoire.
Depuis les années 1920, des dizaines de milliers de familles polonaises vivent déjà dans le Limbourg et dans les bassins houillers. Lorsque les blindés du général Maczek arrivent, certains habitants reconnaissent immédiatement la langue parlée par les soldats. Elle leur rappelle leurs voisins. Leurs collègues. Parfois même des cousins installés depuis des années.
Dans plusieurs communes flamandes, les habitants accueillent les Polonais avec une émotion particulière. Les enfants courent vers les véhicules en criant. Des femmes offrent des fleurs. Les cafés improvisent des repas avec le peu qu’il reste dans les réserves.
Un ancien combattant racontera plus tard qu’après plusieurs semaines de combats, recevoir une simple tasse de café préparée par une famille belge lui avait semblé être un véritable festin.
Une libération sans esprit de revanche
Le général Maczek impose toujours une règle simple. Éviter les destructions inutiles. Préserver les villes autant que possible. Cette manière de conduire les opérations impressionne profondément les populations civiles.
Les habitants ne retiennent pas seulement que les Polonais sont venus les libérer. Ils se souviennent qu’ils ont essayé de sauver leurs villes, leurs maisons, leurs églises et leurs familles. Cette réputation accompagne la division jusqu’à la fin de la guerre.
Elle explique aussi pourquoi, quatre-vingts ans plus tard, les cérémonies du souvenir attirent encore autant de monde.
Une dette que personne n’a oubliée
Il suffit aujourd’hui de parcourir la Flandre occidentale. À Ypres. À Tielt. À Roulers. À Gand. Des plaques rappellent le passage des unités polonaises. Des écoles portent parfois le nom de leurs libérateurs. Des associations historiques entretiennent leur mémoire avec une fidélité remarquable. Chaque année, lors des commémorations, on voit flotter côte à côte les drapeaux belge, polonais et européen.
Ce n’est pas un geste protocolaire. C’est une manière de dire merci. Un historien belge racontait un jour qu’il était frappé par une chose. Les anciens ne parlaient jamais de « soldats étrangers ». Ils disaient presque toujours : « Nos Polonais. »
Deux mots seulement. Mais ils résument toute une histoire.
Breda, la ville qui n’a jamais oublié
Même si Breda se trouve aujourd’hui aux Pays-Bas, il serait impossible de raconter cette épopée sans faire un détour par cette ville.
Le 29 octobre 1944, la 1ʳᵉ Division blindée reçoit l’ordre de la libérer. Maczek refuse un assaut frontal qui provoquerait de lourdes pertes civiles. Il choisit une manœuvre plus longue, plus risquée pour ses propres hommes, mais beaucoup moins dangereuse pour les habitants.
La ville est libérée presque intacte. Les Néerlandais ne l’oublieront jamais. Aujourd’hui encore, lorsqu’on se promène à Breda, le nom de General Maczek apparaît un peu partout. Une avenue. Un musée. Un mémorial. Le cimetière militaire polonais. Le général lui-même y repose depuis 1994, conformément à son souhait.
Il aurait pu être enterré en Grande-Bretagne ou en Pologne. Il préféra rejoindre ses soldats. Même dans la mort.
La victoire… et une immense amertume
Le 8 mai 1945, la guerre prend fin. Les rues débordent de joie. Les cloches sonnent. Les embrassades se multiplient. Pour les soldats polonais, le sentiment est plus complexe. Ils ont contribué à la victoire. Mais leur pays passe sous l’influence de l’Union soviétique.
Lorsque les canons se taisent en 1945, beaucoup imaginent que les routes de l’exil vont enfin se refermer. L’Histoire en décide autrement. Pour des milliers de Polonais installés en France ou en Belgique, une question devient soudain plus difficile que toutes les épreuves de la guerre :
Faut-il rentrer ?
Sur le papier, la réponse paraît simple. La Pologne est libre.Dans la réalité, elle est passée dans la sphère d’influence soviétique. Les frontières ont changé. Le pouvoir aussi.
Beaucoup d’anciens combattants de la 1ʳᵉ Division blindée comprennent immédiatement qu’ils ne pourront pas rentrer. Ils savent qu’ils ne seront pas accueillis comme des héros. Certains sont même considérés avec suspicion par le nouveau régime. Ou qu’ils n’en ont plus envie. Ils restent donc en France. En Belgique. Aux Pays-Bas./ À Lille. À Lens. À Valenciennes. À Liège. À Genk. À Bruxelles.
Ou ils rejoignent la Grande-Bretagne.
Le paradoxe est cruel. Ils ont rendu la liberté à plusieurs pays d’Europe occidentale. Sans pouvoir retrouver pleinement la leur.
Ils choisissent donc de rester là où la guerre les a laissés.Ils fondent des familles, ouvrent des commerces, deviennent ingénieurs, artisans, enseignants ou médecins. Leurs enfants grandissent entre deux langues. Le dimanche, on mange encore des pierogi chez les grands-parents. Le lundi, les petits-enfants retournent à l’école francophone.
Peu à peu naît une identité nouvelle. Ni tout à fait polonaise. Ni tout à fait française. Ni tout à fait belge. Un peu de tout.
Le général devenu barman
L’histoire réserve parfois des fins étonnantes. Après la guerre, Stanisław Maczek s’installe en Écosse. Le gouvernement communiste de Varsovie lui retire sa nationalité et refuse de reconnaître ses états de service. Comme beaucoup d’anciens officiers polonais, il ne touche aucune pension.
Pour vivre, celui qui commandait des milliers d’hommes accepte un emploi de… barman dans un hôtel d’Édimbourg. Les clients ignorent souvent que celui qui leur sert un verre est l’un des grands chefs militaires de la campagne de Normandie.
Lorsque cette histoire commence à être connue, beaucoup en restent stupéfaits. Comment un homme décoré par plusieurs pays alliés peut-il finir ainsi ?
La reconnaissance viendra tardivement. Très tardivement. Mais elle viendra.
Aujourd’hui, en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Pologne, son nom est associé à l’intelligence militaire, au courage et au respect de la vie humaine. C’est sans doute l’hommage qu’il aurait préféré.
Ceux qui reprennent le chemin inverse
D’autres, pourtant, décident de rentrer. Le gouvernement polonais lance de vastes campagnes de réémigration.
Les affiches promettent du travail, un logement, un avenir dans les nouvelles mines de Silésie ou de Basse-Silésie. Des milliers de familles répondent à l’appel.
À Wałbrzych, Nowa Ruda ou dans plusieurs villes industrielles, on entend soudain parler français dans les rues. Les enfants traduisent parfois pour leurs voisins. Les anciens racontent leurs souvenirs des corons.
Ils apportent avec eux une autre manière de travailler, une autre discipline dans les mines, quelques recettes françaises… et même un goût inattendu pour la pétanque. On raconte qu’au début, certains habitants regardaient ces parties de boules avec amusement. Puis ils demandaient à essayer. Et le jeu faisait un nouvel adepte. L’Histoire circule parfois par des chemins très simples.
1980+ : Les années Solidarność
Quarante ans plus tard, une nouvelle génération prend la route. Cette fois, ce ne sont plus les compagnies minières qui recrutent. Ce sont les événements politiques.
Après la naissance de Solidarność en 1980, puis surtout après l’instauration de la loi martiale en décembre 1981, des milliers d’activistes polonais persecutés par le régime trouvent refuge en France et en Belgique. Parmi eux, des journalistes, des universitaires, des artistes, mais aussi des familles anonymes qui cherchent simplement à vivre sans peur.
Les associations créées par les descendants des mineurs accueillent souvent ces nouveaux arrivants. Deux vagues d’émigration, séparées par un demi-siècle, se rencontrent. Les anciens racontent la mine. Les nouveaux parlent des chantiers navals de Gdańsk.
Tous partagent le même attachement à la Pologne.
Une frontière qui a changé de sens
En 2004, la Pologne entre dans l’Union européenne. Cette fois, les départs n’ont plus le même goût. On ne quitte plus forcément son pays pour toujours. On part pour quelques mois ou quelques années. Pour des études. Pour une expérience professionnelle. Pour faire des économies.
Les trains transportent désormais des étudiants Erasmus. Les avions sont remplis de jeunes ingénieurs, de médecins, d’informaticiens, d’architectes ou de chercheurs. À Bruxelles, beaucoup travaillent dans les institutions européennes. À Paris, dans les universités, les laboratoires ou les entreprises. Le mot émigré laisse progressivement sa place à celui de citoyen européen. La différence est immense.
Et le voyage continue… parfois dans l’autre sens
Pendant ce temps, la Pologne attire à son tour.
Des entrepreneurs français investissent à Varsovie, Cracovie ou Wrocław. Des chercheurs belges collaborent avec les universités polonaises. Des étudiants découvrent un pays qu’ils connaissaient parfois seulement à travers Chopin ou Marie Curie.
Les échanges ne suivent plus une seule direction. Ils ressemblent désormais à une conversation.
En levant les yeux…
Il suffit aujourd’hui de voyager avec un peu de curiosité.
À Paris, une plaque rappelle Adam Mickiewicz. Au Père-Lachaise, des visiteurs déposent encore des fleurs sur la tombe de Frédéric Chopin.
À Angers, peu de promeneurs savent qu’ils marchent dans une ville qui fut, pendant quelques mois, la capitale d’une Pologne libre.
À Lens ou à Liévin, les anciens corons racontent silencieusement la vie des mineurs venus de Silésie.
À Genk, certaines familles portent toujours un nom polonais transmis depuis quatre générations.
À Ypres ou en Normandie, les monuments dédiés aux soldats du général Maczek reçoivent régulièrement des bouquets déposés par des inconnus.
Et à Varsovie, le nom de Philippe de Girard survit dans celui d’une ville entière : Żyrardów.
Toutes ces traces pourraient passer inaperçues. Pourtant, elles composent un immense récit.
Entre trois fleuves
La Vistule, la Seine et la Meuse ne se rencontrent sur aucune carte. Pourtant, depuis des siècles, elles coulent dans une même histoire. Une histoire de la France, de la Pologne et de la Belgique. De départs et de retours. De courage et de nostalgie. De fidélité et d’amitié.
Une histoire qui continue de s’écrire, chaque fois qu’un Français découvre la Pologne, qu’un Belge accueille un voisin venu de Cracovie ou qu’un Polonais s’émerveille devant les quais de la Seine.
Car les plus beaux ponts ne sont pas toujours construits en pierre. Certains sont faits de mémoire. Et ceux-là résistent remarquablement au temps.
Plus qu’une histoire d’émigration : histoire des relations et des destins
On résume souvent ces cinq siècles de relations en quelques chiffres: Des centaines de milliers de migrants. Des dizaines de milliers de soldats. Quelques souverains. Quelques artistes. Ces nombres sont exacts. Mais ils ne disent pas l’essentiel.
L’essentiel se trouve dans les vies ordinaires.
Dans une institutrice française qui apprend quelques mots de polonais pour parler avec les parents de ses élèves.
Dans un mineur de Lens qui envoie chaque mois une partie de son salaire à sa mère restée près de Katowice.
Dans un soldat polonais qui refuse de bombarder une ville pour épargner ses habitants.
Dans un enfant belge qui découvre, des années plus tard, pourquoi son grand-père gardait précieusement une photographie d’un tank portant l’aigle blanc.
Les grandes relations entre les peuples ne sont pas seulement écrites par les rois ou les généraux.
Elles le sont surtout par des milliers d’hommes et de femmes dont les noms n’apparaîtront jamais dans les livres d’histoire. Un veritable patrimoine européen.
Le voyage ne s’est jamais arrêté
Aujourd’hui encore, ces histoires relient la Vistule, la Seine et la Meuse. Et si ce récit vous a donné envie d’aller plus loin, il suffit de mettre le cap sur l’une des plus vieilles villes de Pologne : Gdańsk. Perle de la Hanse ouverte sur le large, la cité portuaire a bâti sa richesse sur d’incessants échanges maritimes. Elle cache encore, au détour de ses quais, bien des histoires européennes – françaises, belges ou néerlandaises – nées du commerce, des arts et des voyages.
Bibliographie
Ouvrages généraux
- Davies, Norman. Dieu, honneur et patrie. Histoire de la Pologne. Paris : Perrin.
- Davies, Norman. Europe. Une histoire. Paris : Perrin.
- Zamoyski, Adam. La Pologne. Histoire. Paris : Perrin.
- Beauvois, Daniel. La Pologne. Histoire, société, culture. Paris : La Documentation française.
- Chwalba, Andrzej. Histoire de la Pologne (1795-1918). Cracovie : Wydawnictwo Literackie.
La Grande Émigration
- Kalembka, Sławomir. Wielka Emigracja 1831–1863. Warszawa : Wiedza Powszechna.
- Czartoryski Museum Library – collections consacrées à l’Hôtel Lambert.
- Bibliothèque polonaise de Paris – archives de l’émigration polonaise.
- Collège de France – archives des cours d’Adam Mickiewicz.
Frédéric Chopin et Maria Skłodowska-Curie
- Eigeldinger, Jean-Jacques. Chopin à Paris. Paris : Fayard.
- Musée de la Vie romantique (Paris).
- Musée Curie (Paris).
- Curie, Ève. Madame Curie. Paris : Gallimard.
- Instytut Pamięci Narodowej
L’Armée polonaise en France et l’Armée bleue
- Kukiel, Marian. L’Armée polonaise en France 1917-1919.
- Instytut Pamięci Narodowej (IPN), dossiers consacrés à l’Armée du général Józef Haller.
- Musée de l’Armée (Paris).
- dzieje.pl
L’émigration des mineurs polonais
- Ponty, Janine. Polonais méconnus. Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres. Paris : Publications de la Sorbonne.
- Ponty, Janine. Les Polonais du Nord ou la mémoire des corons.
- Centre historique minier de Lewarde.
- Archives nationales du monde du travail (Roubaix).
Les Polonais en Belgique
- Caestecker, Frank. Belgium and Polish Migration in the Twentieth Century.
- Fondation de la Mémoire contemporaine (Bruxelles).
- KADOC – Documentation and Research Centre on Religion, Culture and Society (KU Leuven).
- Cegesoma (Centre d’Étude Guerre et Société, Bruxelles).
La Seconde Guerre mondiale
- Maczek, Stanisław. Od podwody do czołga.
- Steven J. Zaloga. The Polish Army 1939-1945.
- Musée Mémorial de Mont-Ormel (Normandie).
- Mémorial de Falaise.
- Musée de la Libération de Paris.
Le gouvernement polonais en exil
- Cienciala, Anna M. The Polish Government-in-Exile 1939-1945.
- Sikorski Institute (Londres).
- Instytut Polski i Muzeum im. gen. Sikorskiego (Londres).
Relations franco-polonaises et belgo-polonaises
- Bibliothèque Polonaise de Paris.
- Société Historique et Littéraire Polonaise.
- Institut Polonais de Paris.
- Musée de l’Histoire de la Pologne (Varsovie).
Institutions patrimoniales
- Bibliothèque nationale de France (BnF).
- Archives nationales (France).
- La Contemporaine (Nanterre).
- Institut national de l’audiovisuel (INA).
- Musée de l’Immigration (Palais de la Porte Dorée, Paris).
- Centre historique minier de Lewarde.
- Musée de la Mine du Bois du Cazier (Belgique).
- Musée de l’Histoire de la Pologne (Warszawa).
- Instytut Pamięci Narodowej (IPN).
- Narodowe Archiwum Cyfrowe (Pologne).
Sources numériques institutionnelles
- Bibliothèque nationale de France : https://www.bnf.fr
- Bibliothèque polonaise de Paris : https://www.bibliothequepolonaiseparis.fr
- Musée Curie : https://musee.curie.fr
- Musée de l’Armée : https://www.musee-armee.fr
- Centre historique minier de Lewarde : https://www.chm-lewarde.com
- La Contemporaine : https://www.lacontemporaine.fr
- Musée national de l’Immigration : https://www.histoire-immigration.fr
- Institut national de l’audiovisuel : https://www.ina.fr
- Fondation de la Mémoire contemporaine : https://www.memoirecontemporaine.be
- Cegesoma : https://www.cegesoma.be
- Instytut Pamięci Narodowej : https://ipn.gov.pl
- Muzeum Historii Polski : https://muzhp.pl
- Narodowe Archiwum Cyfrowe : https://www.nac.gov.pl
Remerciements
Cet article s’appuie sur les travaux d’historiens français, polonais et belges ainsi que sur les archives de plusieurs institutions patrimoniales consacrées à l’histoire des migrations, des guerres mondiales et des relations franco-polonaises et belgo-polonaises.












